Kazuchika Kise, « Ghost in the Shell: Arise — Ghost Whispers », Production I.G, 30 novembre 2013

Après une recension finalement assez positive du premier épisode de Ghost in the Shell: Arise, un petit mot, beaucoup plus court sur le deuxième épisode (« Border ») de cette préquelle de GiS. Les différences avec les opus précédents sont plus clairs, en tous cas pour ce qui est de la disproportion entre les éléments d’action et les éléments réflexifs. Dans « Ghost Whisper », place à l’action !

Un peu trop même. Ne soyons quand même pas trop négatifs. Car un point joue en faveur de « Ghost Whisper », et non, ce n’est pas l’intrigue elle-même qui, bien que sans être originale, est cependant bien menée. Mais le « plus » réel, c’est la manière dont la future équipe de la « Sécurité Publique – Section 9 » est introduite. Si le jeune Togusa a été présenté dans le premier épisode et ne réapparaît pas ici, ce sont bien les autres, Ishikawa et Saito notamment, qui font leur entrée. Ils sont accompagnés de Batou, déjà vu dans « Ghost Pain ». Tous, à une rare exception, sont d’abord du côté opposé au Major et à la future Section 9. Surprise donc pour savoir comment l’intrigue principale conduira à la création de la Section 9. Pour certains, cela suffirait même à faire oublier qu’il y a une vraie histoire, intrigue derrière « Ghost Whisper ». Mais l’absence de réelle originalité laisse toute la place à la construction des personnages.

Enfin, un élément intéressant, quoique marginal, est le moyen de pression utilisé par ce ni-ème terroriste : les moyens de transport. Dans les 10 dernières années, ces derniers ont été la cible souvent privilégiée du terrorisme international (et sans donner d’exemples encore sensibles). Ici, c’est le moyen de transport le plus banal qui est pris en otage : la voiture. Dans un monde entièrement régit par des intelligences artificielles présidant au contrôle autoroutier, etc., il était relativement facile d’imaginer une situation dans laquelle les voitures ne seraient pas bloquées comme dans un « bouchon » sur l’autoroute mais précisément l’inverse : elles ne s’arrêteraient pas !  Qu’aurait bien dit Jacques Ellul, dans sa critique prophétique de la Technique, d’un tel cas de figure ?

Pour le reste, « Ghost Whisper » est certainement bien fait mais manque cruellement d’originalité. Seule exception : l’ébauche de la future relation, jamais vraiment explorée auparavant, entre le Major et les Tachikomas (ici Logicomas), les robots pensants de la section 9 qui bientôt acquerront une âme (« ghost »). En dehors de cela, nous restons avec un bon Ghost in the Shell, tout en espérant que le prochain épisode prévu pour juin 2014 sera plus proche du premier épisode de Arise que de ce deuxième.