L’instrumentalisation de l’Ecriture par les idéologies

Pour un texte complet, voir le pdf Bible face ideologie. Une version plus courte de la conférence a été publiée dans le dernier numéro de la Revue Réformée. Dans les paragraphes suivant je ne donne que certains passages importants ayant été édités pour l’impression.

INTRODUCTION
(Texte complet de l’introduction)

Avant de nous lancer directement dans le sujet présenté à nous cet après-midi, il convient d’abord de définir en quelques minutes ce qu’est l’idéologie1. Cette courte présentation nous servira d’introduction, à la suite de quoi nous verront comment l’Ecriture a été utilisée pour justifier l’idéologie. Nous procèderont ensuite par deux exemples et à l’issu de chacun nous continueront à construire une présentation générale de l’idéologie. Cela nous conduira vers une conclusion dans laquelle nous essaierons ensemble de déterminer commence la foi chrétienne procure le fondement méthodologique d’une critique radicale de l’idéologie.

Définir l’idéologie

Commençons d’abord par une brève tentative de définir l’idéologie. Répondre à la question est malheureusement très difficile, la définition de l’idéologie étant complexe, allant de la plus précise à la plus générale2. L’une des définitions les plus représentatives et synthétiques est la suivante : « l’idéologie est l’étude des manières par lesquelles une signification sert à nourrir des relations de domination »3. Cependant, l’association entre idéologie d’un côté et le pouvoir et la domination de l’autre est peut-être ici un peu trop fort car toutes les idéologies ne sont pas en position de domination4. Certaines idéologies ne sont pas dominantes, elles sont même minoritaires. Une certaine idéologie marxiste, par exemple, est minoritaire : elle ne cesse pas d’être idéologique pour autant.

Pour avancer dans notre définition sommaire de l’idéologie, remarquons que celle-ci peut aussi être (1) un système qui conditionne les conduites sociales et individuelles, mais aussi les structures politiques ; (2) une clé d’interprétation et se présente donc comme grande théorie explicative, englobante du monde ; mais aussi (3) un processus de conservation ou de transformation de l’ordre social. Ici, le trait saillant est le lien entre idéologie et interprétation du monde. Ceci est en effet l’un des éléments clefs de l’idéologie : elle est une herméneutique de l’histoire et du monde. L’idéologie serait ainsi un processus de conditionnement, d’interprétation et de transformation du monde—ou dans notre cas de la Bible. L’idéologie conditionnerait notre lecture de la Bible ; l’idéologie serait la clé d’interprétation de la Bible ; l’idéologie transformerait notre lecture de la Bible.

De plus, certains ont voulu voir dans l’idéologie l’expression d’une mauvaise représentation du monde, de quelque chose de fondamentalement faux, tordu, perverti. Par exemple, chez Marx, « l’idéologie désigne la fausse conscience qu’engendrent chez l’homme aliéné les contradictions de la base économique et sociale. »5 L’idéologie se situera donc toujours dans et en contraste avec un contexte social bien défini. C’est ce contexte social que l’idéologie essaiera de justifier, ou de délégitimer, en unissant le plus souvent interprétation et distorsion de la réalité sociale6. Ainsi, il est incorrect de considérer que l’idéologie est définie par une dissimulation volontaire de la réalité, ce qui serait un contraste sensible par rapport à la position, par exemple, d’un Ricoeur, qui considérait l’idéologie comme dissimulation, justification et enfin intégration sociale7.

Cependant l’idéologie n’est pas que le fruit d’une pensée, d’une représentation raisonnée du monde. Comme le remarque justement Ellul, l’idéologie naît souvent par opposition à une pratique considérée elle comme non idéologisée8. Ellul indique par exemple que le socialisme et le marxisme sont des idéologies qui naissent en face d’une pratique non idéologique, le capitalisme—ce dernier n’en est pas moins considéré comme négatif9. En fin de compte la force de l’idéologie n’est pas qu’elle est consciemment fausse ou erronée mais qu’elle n’est pas nécessairement expression consciente d’une mauvaise représentation du monde10. Ellul est encore utile ici lorsqu’il précise :

L’idéologie n’est pas seulement reflet, voile et justification de la réalité … mais aussi compensation, c’est-à-dire défoulement devant l’intolérable … Car il n’est pas possible de produire un système aussi difficile à vivre sans une idéologie qui en même temps voile la réalité du système, et conduit à en supporter les conséquences11.

Ellul parlait bien sûr spécifiquement du système technicien, mais sa caractérisation de l’idéologie est tout à fait pertinente. L’idéologie voile ainsi la réalité, et en ce faisant, force l’homme à se construire une représentation d’un monde dont il n’a qu’une vue et une expérience fragmentaires. En se pliant à une vue partielle du monde, l’homme en arrive ainsi à construire une illusion de monde, c’est à dire à s’aliéner le monde tel qu’il est. En effet, c’est un monde illusoire que l’idéologie construit, illusion à cause de laquelle l’homme devient aliéné, étranger à la réalité12.

Ce phénomène d’aliénation sur de plus soutenu et nourri par la présence d’une autre terme essentiel à la construction idéologique : le pouvoir, la puissance ou la domination, qu’elle soit physique, philosophique ou même simplement symbolique13. Nous essaierons donc de porter une attention particulière à la manière dont l’idéologisation de la Bible porte les marques d’une imposition de puissance.

Autrement dit nous discernons qu’il y a un discours purement idéologique lorsqu’il est le produit d’un courant important de gens (qui justifient leur conduite par ce discours) qui exprime purement et simplement une tendance majeure du corps social. Autrement dit encore, c’est le conformisme au « monde » qui est le mal par rapport à la libération en Christ, et sa traduction en idéologie qu’il faut combattre14.

La seule précision qu’il faudrait apporter dans cette définition d’Ellul est que l’idéologie n’est pas nécessairement l’expression d’une tendance majeure du corps social. Elle représente une position de puissance, quelque soit la statut social15.

Des lectures idéologiques de la Bible ?

Après ces courtes définitions, il faut passer au sujet de cette conférence : comment la Bible a-t-elle été lue de manière idéologique afin de justifier des positions économiques, politiques, ou même théologiques ? Nous avons certainement tous des exemples personnels de lecture idéologique de la Bible. Pour certains ce sera l’idéologie à laquelle Ellul s’est fortement opposé, celle de l’idéologie Marxiste-chrétienne, d’où sa trilogie consacrée à la révolution16. Pour certains une lecture idéologique de la Bible rappellera la tentative de justification de l’apartheid en Afrique du Sud. Nous pourrions discuter de la manière dont nous avons tous, le plus souvent, utilisé la Bible pour justifier d’une position politique. C’est en effet une règle générale de la vie chrétienne que d’essayer de justifier bibliquement sa position, ce qui est normal et même nécessaire ! Cependant nous franchissons un autre pas lorsque nous essayons d’enfermer le discours biblique au sujet, par exemple, de la « politique », dans un schéma de gouvernance bien particulier.

Il faudrait même aller jusqu’à qualifier de lecture idéologique de la Bible toute tentative de justifier herméneutiquement n’importe quelle position politique, qu’elle soit anarchiste, monarchiste, ou même démocratique. Cela signifie paradoxalement que dans un système démocratique, les chrétiens seront facilement tentés par une lecture idéologique de la Bible par laquelle ils défendront l’ancrage biblique de la démocratie, envers et contre toute autre position politique—voire envers et contre tout autre chrétien !

Cette idéologisation de la Bible est aussi visible dans beaucoup d’autres domaines de la vie sociale, y compris en science économique. Je ne veux cependant pas prendre des exemples politiques et économiques, mais plutôt des exemples qui sont beaucoup plus proches de nous. En effet, il serait trop facile de croire que la construction idéologique s’applique toujours à quelque chose qui nous est étranger. Il serait bien trop illusoire de croire que nous sommes exempts de la tentation idéologique. Au contraire, une simple observation des idéologies conduit au constat suivant : c’est ce qui nous tient le plus à coeur que nous avons tendance à idéologiser.

En ce qui nous concerne, il est vraisemblable que ce soit la Bible que nous risquions d’idéologiser, et à travers elle, il se peut que nous tentions de justifier des combats théologiques qui nous sont importants. C’est vers deux de ces combats théologiques que je voudrais me tourner maintenant. Une dernière précision en forme de mise en garde : le choix de ces deux sujets est motivé par leur importance et par leur pertinence. En aucun cas je ne désire sous-entendre qu’un engagement dans ces deux domaines n’est pas nécessaire.

LA FOI AFFRONTÉE À L’IDÉOLOGIE MISSIONNELLE

De l’église missionnaire à une herméneutique missionnelle
(Les deux paragraphes sont des notes de bas de pages qui ont disparu
de la version publiée)

Voici une brève sélection de livres « missionnels » publiés cette dernière décennie : Reggie McNeal, Missional Renaissance: Changing the Scorecard for the Church, San Francisco, Jossey Bass, 2009 ; Reggie McNeal, Missional Communities: The Rise of the Post-Congregational Church, San Francisco, Jossey Bass, 2011 ; Ed Stetzer, Planting Missional Churches, Nashville, Broadman & Holman, 2006 ; Alan Roxburgh et Fred Romanuk, The Missional Leader: Equipping Your Church to Reach a Changing World, San Francisco, Jossey Bass, 2006 ; Ed Stetzer et David Putman, Breaking the Missional Code: Your Church Can Become a Missionary in Your Community, Nashville, Broadman & Holman, 2006 ; Alan J. Roxburgh et M. Scott Boren, Introducing the Missional Church: What It Is, Why It Matters, How to Become One, Grand Rapids, Baker, 2009 ; Craig Van Gelder, The Missional Church and Denominations: Helping Congregations Develop a Missional Identity, Grand Rapids, Eerdmans, 2008 ; Cathy Townley, Missional Worship: Increasing Attendance and Expanding the Boundaries of your Church, Chalice Press, 2011 ; Will Mancini, Church Unique: How Missional Leaders Cast Vision, Capture Culture, and Create Movement, Jossey Bass, 2008 ; Ross Hastings, Missional God, Missional Church: Hope for Re-evangelizing the West, Downers Grove, IVP, 2012 ; Michael Frost, Road to Missional: The Journey to the Center of the Church, Grand Rapids, Baker, 2011.

Timothy Michael Sheridan dans sa thèse, « Being a hermeneutic of the gospel: Hermeneutical and epistemological foundations for a missional ecclesiology », identifie trois « écoles » d’herméneutique missionnelle (University of Stellenbosch, 2012, p. 26). Il convient, puisque nous parlerons longuement dans cette partie c’herméneutique missionnelle, de résumer ces trois positions. La première, représentée par Christopher Wright, Michael Goheen ou encore Dan Beeby, met l’accent sur la mission comme étant la clé de compréhension de l’histoire biblique. La mission défini la direction, la nature de la révélation biblique [cf. H. D. Beeby, « A Missional Approach to Renewed Interpretation », Renewing Biblical Interpretation, eds. Craig Bartholomew, Colin Greene, and Karl Moller, Grand Rapids, Zondervan, 2000 ou encore Michael Goheen, « Continuing Steps Toward a Missional Hermeneutic », Fideles, 3, 2008, pp. 49-99].

La deuxième école, représentée elle par Darrell Guder par exemple, considère que la révélation biblique a comme objectif d’équiper et de former les disciples de Christ en vue de la mission [cf. Darrell L. Guder, « Unlikely Ambassador : Clay Jar Christian in God’s Service », A Bible Study for the 214th General Assembly of the Presbyterian Church (USA), Louisville, Office of the General Assembly, Presbyterian Church (USA), 2002, p. 5 ou encore Darrell Guder, « Missional Hermeneutics: The Missional Vocation of the Congregation – and How Scripture Shapes That Calling », Mission Focus: Annual Review, 15, 2007, pp. 125-142].

Enfin la troisième école, représentée par Miachel Barram, affirme que l’élément essentiel de l’herméneutique est la « localisation » missionnelle de l’auditeur. Ainsi, ce sera l’engagement « missionnel » des auditeurs (et donc des lecteurs contemporains) qui dirigera l’herméneutique de la Bible [cf. Michael Barram, « Questions for a Missional Hermeneutic », Paper presented at the annual meetings of the American Academy of Religion and the Society of Biblical Literature, Washington DC, 18 November 2006 ou encore Michael Barram, « The Bible, Mission, and Social Location: Toward a Missional Hermeneutic », Interpretation, 2007, pp. 42-58].

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Notes :

1Il faut rappeler que l’ « idéologie » est un terme assez récent, utilisé pour la première fois par le philosophe et homme politique français Antoine Destutt de Tracy (1754-1836) dans son Mémoire sur la faculté de penser écrit en 1796. Dans la perspective de De Tracy, l’idéologie n’avait pas de connotation négative, bien au contraire. Opposé par De Tracy à la notion de psychologie, à l’époque jugé de nature trop religieuse (!), l’idéologie désignait la science de la pensée ou d’organisation des idées, et donc de la systématisation intellectuelle (Antoine de Tracy, Projet d’éléments d’idéologie, Paris, Pierre Didot, 1801. Voir aussi Antoine de Tracy, Éléments d’idéologie, 1803-1815). Il définit ainsi la nécessité de l’idéologie car, « on n’a qu’une connaissance incomplète d’un animal, si l’on ne connaît pas ses facultés intellectuelles » (De Tracy, Projet d’éléments d’idéologie, p. 1). Pendant toute la période des Lumières, le terme « idéologie » continua à désigner la neutralité absolue et positiviste de la raison humaine. Mais dans son usage courant, c’est au cours du 19e siècle que l’idéologie prit une coloration négative sous l’impulsion de la critique marxiste. C’est en effet Karl Marx qui, dans son évaluation critique de la philosophie de Hegel, montrera que l’idéologie est une organisation conceptuelle qui « masque l’impuissance de toute spéculation à transformer les conditions réelles de la vie sociale et politique » (Gabriel-Ph. Widmer, « Parole de la croix et langage idéologique », dans Gabriel-Ph. Widmer, et al, Les idéologies et la Parole, Lausanne, Presses Bibliques Universitaires, 1981, p. 12. Cf. Karl Marx et Friedrich Engels, L’idéologie allemande, Editions sociales, 1976).En d’autres termes, ce que Marx chercha à montrer c’est que la pensée humaine n’était jamais libre des pression sociales qui structurent l’homme. Ce dernier est donc toujours le fruit des affrontements internes d’une société, particulièrement pour lui des affrontements économiques—la lutte des classes. L’idéologie sert donc pour Marx les intérêts d’un groupe social particulier. L’idéologie, pourrions-nous dire en simplifiant, c’est donc une imposition social d’un groupe dominant sur un groupe dominé. Marx n’est pas le seul à avoir questionner cette utopique neutralité humaine. Le théologien allemand Reinhold Nieburh a aussi contesté la possibilité que l’homme pensait avoir de se préserver, par sa seule raison, de toute erreur : « Le philosophe qui s’imagine être capable de présenter une vérité finale simplement parce qu’il pense avoir assez de perspective sur le passé afin de se garder des erreurs philosophiques précédentes est clairement la victime de l’ignorance de son ignorance » (Reinhold Nieburh, The Nature and Destiny of Man: A Christian Interpretation, New York, Charles Scribner’s Sons, 1946, p. 195).Cette ignorance peut en effet rapidement devenir la cause d’une imposition idéologique.

2François Châtelet est lui représentatif d’une définition très globale de l’idéologie : « Est qualifiée ici d’idéologie le système plus ou moins cohérent d’images, d’idées, de principes éthiques, de représentations globales et, aussi, de gestes collectifs, de rituels religieux, de structures de parenté, de technique de survie (et de développement), d’expressions que nous appelons maintenant artistiques, de discours mythiques ou philosophiques, d’organisation des pouvoirs, d’institutions et des énoncés et des forces que celles-ci mettent en jeu, système ayant pour fin de régler au sein d’une collectivité, d’un peuple, d’une nation, d’un État les relations que les individus entretiennent avec les leurs, avec les hommes étrangers, avec la nature, avec l’imaginaire, avec le symbolique, les dieux, les espoirs, la vie et la mort ». François Châtelet, Histoire des idéologies, vol. 1, Paris, Hachette, 1978, p. 11.

3John B. Thompson, Studies in the Theory of Ideology, Berkeley, Los Angeles, University of California Press, 1984, p. 4.

4Comme le rappelle bien à propos Terry Eagleton, Ideology: An Introduction, London, New York, Verso, 2007, p. 6.

5Charles Wackenheim, Christianisme et idéologie, Paris, Gallimard, 1974, p. 28.

6Il est donc crucial de voir que l’idéologie n’est pas une fausse construction de la réalité, comme Žižek le conclut avec pertinence : « L’idéologie n’a rien à voir avec une « illusion », avec une représentation erronée, distordue, de son contenu social. » Slavoj Žižek, « The spectre of ideology », in Slavoj Žižek, ed., Mapping Ideology, London, New York, Verso, 2012, p. 7. Quelques pages plus tard, il précise : « Le point de départ d’une critique de l’idéologie doit être la pleine reconnaissance du fait qu’il est très facile de mentir sous couvert de vérité. », Idem, p. 8. Il n’est pas évident de savoir si Žižek pense ici à une volonté de faire passé une erreur pour la vérité, mais tout semble indiquer que pour Žižek, il s’agit plutôt de reconnaître que l’idéologie est inconsciemment persuadée de réprésentée correctement la réalité sociale.

7Cf. Paul Ricoeur, « L’idéologie et l’utopie : deux expressions de l’imaginaire social », in Du texte à l’action. Essais d’Herméneutique II , pp. 417-431. Cf. aussi Paul Ricoeur, L’idéologie et l’utopie, Paris, Le Seuil, 1997.

8Jacques Ellul, L’idéologie marxiste chrétienne, Paris, La Table Ronde, 2006, p. 6.

9Cela ne signifie bien sûr pas pour Ellul que, parce qu’il n’est pas idéologie, le capitalisme est meilleur que le socialisme !

10Sur cette dimension consciente ou inconsciente de la construction idéologique il y a aussi débat. La remarque d’Engels selon laquelle « la vraie force motrice de l’idéologie demeure inconsciente sinon ce ne serait plus un processus idéologique. » semble toujours pertinente. Friedrich Engels, cité d’une lettre à F. Mehring dans Sidney Hook, Toward an Understanding of Karl Marx: A Revolutionary Interpretation, Amherst, Prometheus Books, 2002, p. 415.

11Frédéric Rognon, Jacques Ellul : Une pensée en dialogue, Genève, Labor et Fides, 2007, p. 64. Cité de Jacques Ellul,L’empire du non sens, 1980, pp. 106-108.

12C’est une fois de plus Ellul qui commente sur ce point. Ellul, L’idéologie marxiste chrétienne, p. 7.

13Nous construisons ici sur la remarque d’Eagleton : « Car s’il n’y a pas des valeurs ou croyances liées au pouvoir, alors le terme idéologie serait sur le point de s’étendre jusqu’à devenir néant », Eagleton, Ideology, p. 7.

14Ellul, L’idéologie marxiste chrétienne, p. 9.

15Terminons sur une courte remarque : l’idéologie n’est pas morte. Beaucoup l’ont cru après la Deuxième Guerre Mondiale. Beaucoup l’ont cru après l’effondrement du bloc communiste. Force est de constater que l’idéologie politique auxquelles se réfèrent ces deux « morts de l’idéologie » a bien effectivement disparu. Mais si l’idéologie n’est pas restreinte à son expression politique, il est difficile de voir comment elle pourrait ne pas s’incarner dans d’autres structures sociales. Pour une discussion plus précise sur l’idéologie de la mort de l’idéologie, voir Eagleton, Idéologie, chapitre1, particulièrement pp. 5-16.

16Jacques Ellul, De la révolution aux révoltes, Paris, La Table Ronde, 2011 ; Autopsie de la révolution , Paris, La Table Ronde, 2008 ; Changer de révolution – L’inéluctable prolétariat , Paris, Le Seuil, 1982.

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