Louange prophétique

 

Apprenez la gestuelle, retenez quelques bribes de paroles de louange spontanées(!), et lancez-vous.  Vous êtes au coeur de la louange contemporaine : l’habitude. Car ce ne sont pas les chants eux-mêmes qui sont en cause, mais le coeur, et c’est probablement là où cette parodie fait le plus mal. Première impression : la parodie des chants est bien trouvée. Nous écoutons, sourions devant une bonne parodie … et d’un coup quelque chose d’autre nous frappe. Deuxième impression : la parodie du coeur humain fait encore plus mal parce qu’elle met dans le mille. Nous faisons semblant !

Nous chantons des paroles que nous ne suivons pas, voire ne voulons pas comprendre. Nous faisons semblant parce que nous aimons cela. Nous faisons comme tout le monde car nous voulons être plus spirituels. Nous voulons être prophétiques car nous voulons être sur le devant de la scène. Nous forçons nos émotions car si nous ne le faisions, pas nous n’aurions pas l’illusion d’avoir une saine adoration. Et nous nous sentons bien dans la louange car ce que nous recherchons finalement, c’est nous-mêmes.

Le tout sur une mélodie parfois plus que sommaire.

La louange automatique invite à l’apparence d’une vie chrétienne forte et intime avec Dieu. Mais elle invite à n’être que cela : une apparence, un ersatz de vie chrétienne qui fait bonne impression. Il y un nom auquel cela devrait de suite nous faire penser :

Pharisiens.

Ou, en paraphrasant Moïse : « eh bien ! en voilà une église à la nuque raide ! » (Exode 32.8) Nous adorons notre louange : nous en faisons notre idole. J’exalte mes chants, j’adore ma spiritualité. Et encore une fois :

Pharisiens.

Nous faisons trop souvent semblant d’adorer … quelle que soit notre origine ecclésiale. Se tourner vers les prophètes est un moyen radical de remettre les choses en perspective. L’adoration , la louange prophétique, c’est celle à laquelle nous appelle le prophète Amos (5:23-24):

23 Eloigne de moi le braillement de tes chants !

Je n’écoute pas le son de tes groupes de louange ;

24 mais que l’équité coule comme de l’eau,

et la justice comme un torrent intarissable.

Nous avons tous notre tradition musicale et de louange. Pour les uns ce sera les « glorieux cantiques du passé » et pour d’autres les « louanges prophétiques ». Pour les uns, ce sera le culte avec « instruments traditionnels », pour d’autres le culte « de louange ». Dans tous les cas, nous adorons notre louange. Nous nous adorons nous-mêmes …

Ce que Dieu désire ce ne sont pas les sacrifices, mais l’adoration d’un coeur entier et sincère. Le coeur de l’adoration ce n’est pas la répétition des chants de louange, pas plus que ce n’est le choix des « meilleurs » chants de louange. Ce n’est pas non plus nos « cultes de louange », expression en fin de compte bien contradictoire.

Le coeur de l’adoration chrétienne, c’est un engagement sincère et total à suivre Christ et à rendre gloire à Dieu, Père, Fils et Esprit, pour le don de sa grâce, la communion du Saint Esprit, et l’union en Christ.  Le coeur de l’adoration chrétienne, c’est une vie qui témoigne dans les chants, mais surtout dans les paroles et dans les actes de la grâce que Christ nous offre et que nous lui donnons entièrement en retour, en foi, amour et obéissance.

Cor meum tibi offero, Domine, prompte et sincere

Je t’offre mon coeur , Seigneur, promptement et sincèrement