Des comparaisons économiques, ou : comparer et se mettre en valeur

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, était hier l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC1. Les sujets abordés sentaient bien sûr la campagne présidentielle. Tous les membres du gouvernement, tels des éclaireurs, semblent envoyés pour tâter le terrain et préparer les grandes offensives des six prochains mois.

Malgré ce jeu présidentiel, les questions restaient essentiellement centrées sur une actualité des plus sensibles : la situation financière de la France. Comparant avec l’Allemagne les statistiques du PIB, de la dette, etc., Bourdin se vit systématiquement rappelé par la ministre aux chiffres comparant la situation française du 26 aout 2011 avec celle ante crise économique. Et l’heure venue s’ajouta bien sûr le sempiternel refrain de l’opposition droite / gauche, comme si tout en France devait être expliqué par cette polarisation politique paralysante.

La discussion s’engagea essentiellement sur l’expression choc de la ministre : il est plus facile de dépenser des millions que d’économiser des millions. Propositions d’économies ?

Pour ne pas augmenter la CSG (contribution sociale généralisée) et pour financer, tout en économisant (!), la lutte contre l’obésité, il est proposé de taxer les canettes comme le Coca, etc. L’histoire ne dit pas que ces mesures ne serviront qu’à masquer les problèmes plus sérieux de la santé française, ainsi qu’à donner bonne conscience à une société matérialiste bien peu concernée par l’obésité.

Pour subventionner les dépenses future sur l’énergie renouvelable, il est proposé de taxer les routiers qui conduisent sur les réseaux non autoroutier. Le résultat ? Toutes les entreprises augmenteront leurs tarifs. Ceux qui financeront ces projets en fin de compte : c’est vous, c’est moi : ce sont tous ceux qui sont clients de ces entreprises qui vous livrent ou qui empruntent le réseau national ou départemental ! Au jour où il est aussi question d’encourager le monde entrepreneurial, une telle initiative peut sembler contestable …

Belles mesures qui pourraient être complétées par la disparition des doublons au sein de la fonction publique. L’existence des mêmes postes à des niveaux variés du territoire : région, département, intercommunalité, communes affecte très certainement le budget national, entraînant une perte significative dans les finances de l’état.

Mais le symptôme le plus alarmant de la régression sociale et financière est certainement la comparaison systématique par la ministre de la situation française avec la situation d’autres pays Européen. Mais quels pays !, souligne un Bourdin pas dupe de la manœuvre tentée par la ministre : l’Allemagne, la Grande Bretagne ? Non : la Grève, l’Irlande, L’Espagne et l’Italie. Et Bourdin de conclure qu’il y a un an tout juste la France se comparait avec l’Allemagne ou la Grande Bretagne … alors que nos standards de qualité sont maintenant de se rester au-dessus de la Grèce et de l’Espagne ! Pour tous ceux qui désirent une économie forte ; pour tous ceux qui comparent sans arrêt la « grande » France à ses concurrents éternels, la comparaison est dramatique !

Cela en dit long sur la condition de la France. Car, les pays comme les personnes, ne devenons-nous pas comme ceux à qui nous nous comparons ? Et ne nous comparons-nous pas à ceux vers qui nous tendons—inconsciemment ou non ? Ce principe qui fait quasiment partie du fonctionnement de la nature humaine est souligné de manière répétée dans la Bible. Par exemple, le fameux « là où se trouve ton trésor, là sera ton coeur » peut facilement trouver une incarnation dans ces comparaisons que nous établissons sans arrêt entre nous et ce collègue de travail à qui tout réussi ou à cette mère de famille aux enfants impossibles. Nous désirons ce qui n’est pas notre et ce qui est à nous ne suffit jamais : voilà l’essence de la volonté humaine.

Mais voilà : nous ne savons pas qui nous sommes. La grande certitude de notre société c’est que nous ne sommes personne et tout le monde : perdus dans la masse nous devenons le pâle reflet de quiconque nous croisons dans la rue ; et c’est ainsi que les médias nous inondent de « modèles » à qui nous devrions essayer de ressembler ! Des modèles inatteignables, des rôles inaccessibles. Et en fin de compte : nous ne sommes que les fantômes d’images télévisées et lorsque nous marchons dans les rues, dans les centres commerciaux, nous ne pouvons être comparés qu’aux affiches que nous regardons.

Nous nous comparons à ce que nous deviendrons. C’est pour cela que Paul nous engage à nous examiner nous-mêmes :

« Mettez-vous vous-mêmes à l’épreuve, pour voir si vous êtes dans la foi ; examinez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? A moins, peut-être, que l’examen ne soit un échec en ce qui vous concerne. » (2 Corinthiens 13.5)

Mais si nous regardons en nous-mêmes, cet examen ne sera pas inutile car nous découvrirons que nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes mais à Christ. Regardant à la Parole de Dieu, nous relirons : « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éphésiens 4.5). Et lorsque nous marcherons au milieu des appels publicitaires nous comparant à la dernière stars, aux idéaux matériels que nous avons tous, au sex-appeal déodorisant et à tous les modèles sur-sexués … face à ces affiches impersonnelles nous pouvons rappeler cette parole forte :

« Ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréé et parfait. » (Romains 12.1-2)

A cette parole s’ajoute la grâce de Christ qui ne condamne pas mais appelle à répondre à cette compassion de Dieu qui veut nous comparer à son Fils et veut nous unir à Christ. Il n’y a pour Dieu qu’une comparaison : que nous soyons comparables à Christ et que nous puissions atteindre, par l’Esprit qui agit en nous, la pleine stature de Christ (Éphésiens 4.12). Quant à l’inquiétude par rapport à la situation française, elle est plus que légitime ; mais l’espérance de la foi est certaine.

 

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Notes :

1 Emission téléchargeable sur le site de RMC http://www.rmc.fr/podcast/podcast.php?id=30

Nicolas Bonnal, « Tolkien, Les univers d’un magicien », Les Belles Lettres, 2002, 283pp.

Note : ce court article a été écrit il y a presque dix ans alors que je rédigeais mon mémoire de Maîtrise en Théologie sur le mal dans le Seigneur des anneaux. Il va de soi qu’en dix ans le style aurait changé … mais l’appréciation de cet ouvrage reste, fondamentalement, identique.

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Avec ce livre au titre pourtant prometteur, le lecteur tournant la page finale se trouve confronté à un choix pour le moins cornélien : tout jeter ou essayer de trouver un aspect positif à cette lecture. Hormis le fait que le lecteur a progresser dans sa maîtrise de soi et dans sa patience, ayant fait l’effort de lire l’ouvrage jusqu’à sa conclusion. A vrai dire … c’est à peu près le seule bénéfice des quelques heures passées dans ces 280 pages.

La grande thèse de N. Bonnal est que la dimension ésotérique est omniprésente dans Seigneur des Anneaux. La thèse de départ, pour tous ceux qui connaissent un tant soit peu J.R.R. Tolkien, est a priori discutable, vous en conviendrez ! Du point de vue de l’écriture même du livre (pour ne commencer par là), Bonnal a la fâcheuse tendance à ne pas citer ses sources. Remarquez, il vaut mieux parce que certaines pages seraient faites de traductions intégrales ! Quand on utilise un bouquin, on se doit de le citer. Au lieu de cela Bonnal fait du plagiat, notamment de Tolkien : A biography de Humphrey Carpenter dont il rapporte des passages entiers.

De plus, certaines de ses citations n’ont rien à voir avec ce qu’il veut montrer et d’autres sont employées dans un mauvais sens. Par exemple, p. 26, lorsque Tolkien écrit :

 « mon œuvre a échappé à tout contrôle, et j’ai produit un monstre : une aventure d’une longueur immense, compliquée, plutôt triste et même terrifiante ne convenant pas aux enfants (et peut-être à personne). »

Et Bonnal de conclure :

 « Tolkien est un grand créateur d’horreurs et de mondes terribles » (241)

Alors certes le mot « terrifiante » est écrit. Cela veut-il dire que nous devons en conclure que Tolkien avait littéralement créé un monstre sur lequel il n’avait pas de prise ? Bien sûr que non ! Tout auteur a expérimenté ce sentiment étrange que ce qu’il écrit, soit le dépasse, soit devient maître de lui. Ayant rédigé une thèse … je pense aussi avoir accouché d’un monstre (bien différent et de qualité moyenne) ! C.S. Lewis a connu la même chose lors de l’écriture du 16e volume du Oxford History of English Literature au point où cet acronyme OHEL est devenu pour Lewis … « Oh, hell ! »

De plus, lorsque Tolkien écrit cela il est entrain d’essayer de changer d’éditeur (il était alors avec Allen & Unwin et vouler aller à la maison Collins). Quelle meilleure façon de changer d’éditeur que de lui montrer le livre sous un mauvais jour pour qu’il décide lui-même de ne pas imprimer le dit ouvrage ? C’est, vraisemblablement, ce que Tolkien a voulu faire ici. Attention donc avec l’emploi de cette citation ci particulière de Tolkien1.

Passons à la suite.

Dans le premier chapitre, Bonnal fait de Tolkien le « messager de la Tradition ». Mais de quelle tradition ? Celle qui verrait dans le mal « une force positive à l’œuvre sur terre » (p. 11) ? D’où sort-il que dans le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux le mal est positif ? Qui peut me dire l’aspect positif de Sauron ? La mort de Théoden et de son fils, la mort de Denethor ? Disons que Bonnal commence avec une sérieuse erreur philosophique et théologique, et donc, littéraire.

Tout cela tient peut-être aux erreurs que commet Bonnal en identifiant les sources de Tolkien. Il voit en effet dans les inspirations du Professeur l’Edda scandinave (très juste) et la Bible (pour dire le moins). Ce n’est en réalité pas tout à fait le cas. Pour l’Edda, peut-être, quoique le terme « inspiration » ne soit pas le plus approprié. Quand à la Bible ! Elle n’était pas son inspiration mais le fondement de ce que Tolkien pensait. On a souvent tendance à voir le christianisme de Tolkien comme l’élément qui fait que le Silmarillion commence par le récit de la Création du monde par un dieu (Eru, ou Illúvatar suivant le nom qu’on emploie) … mais sans plus.

Cependant, si Tolkien commence comme cela ce n’est pas simplement qu’il s’inspire de la Bible, comme s’il en tirait des illustrations ou des symboles utiles, mais c’est qu’il ne concevait pas un monde qui ne soit pas le fruit d’une Source Première, d’un Dieu Un et transcendant. Comme je l’ai dit, cela fait du christianisme de Tolkien le fondement de son œuvre et non une source d’inspiration parmi d’autres.

Erreurs flagrantes :

« Le Silmarillion […] avec son polythéisme », p. 36.

Alors là … Bonnal bat des records. Polythéiste signifie plusieurs dieux or quiconque a lu le Silmarillion, verra qu’il n’y a qu’un seul et véritable dieu : Eru. Les Ainur sont beaucoup plus comparables à ce que nous pourrions appeler des (arch)anges. Le Silmarillion n’est pas polythéiste répétons-le ! Eru, traduit en français signifie « Dieu ». Cette signification est attestée par le glossaire du Silmarillion et le livre de R. Foster, The complete guide to Middle Earth.

Tom Bombadil,  « ce petit bonhomme » (p. 144).

Euh, Tom n’est pas un de ces lutins qu’on trouve dans certains contes pour enfants. Ce n’est pas un être minuscule. Tom a la taille d’un homme, donc beaucoup plus grand que Frodo et ses amis. Qu’est-ce que c’est que cette expression péjorative à l’encontre du personnage le plus mystérieux du Seigneur des Anneaux. Tom est, à mon avis bien au delà de cette description. Je ne discuterai pas de savoir qui est Tom mais il est sûrement plus qu’un « petit bonhomme ».

Bonnal parle du chien Garm qui attaque Beren dans le Silmarillion. Le chien dont il parle existe ! Mais c’est celui de Farmer Giles of Ham  ! Le chien qui sauve Beren, qui emmène Luthien sur son dos, qui combat Carcharoth, c’est le loyal et fidèle Huan. Bonnal qui semble bien maitriser son sujet (ah !) … mais confond les œuvres de Tolkien de manière assez flagrante2.

[La Comté] c’est un monde pour enfants simples ».

Est-ce vraiment cela la Comté ? La Comté a eu ses moments de gloire, même si les hobbits ne sont guère batailleurs ils peuvent être courageux quand la situation s’en fait sentir. Ils sont même d’une incroyable robustesse comme le fait remarquer Gandalf. Il est vrai qu’ils mènent une vie tranquille et peu agitée… mais n’est-ce pas là le souhait et le rêve de beaucoup d’hommes plutôt que la caractéristique d’un « monde pour enfants » ?

En vrac, et sans commentaires :

Cesont les Touques seulement qui résistent aux bandits à la fin du >Seigneur des Anneaux (p. 61) ;

L’art de fumer est un privilège octroyé à une minorité (p. 64) ;

Les champignons du père Maggot3 sont probablement hallucinogènes (p. 70) ;

Chaque Ainur fondamental a un élément (donc 4 Ainur « fondamentaux », eau, air, feu, terre) (p. 80)4 ;

Aulë demande à Illúvatar d’améliorer sa création : les nains (p. 84) ;

Mîm le nain est un ami de Húrin (p. 85)5 ;

Aragorn demande à ses amis d’attendre qu’il ait trouvé l’arbre avant de partir (p. 91)6 ;

Les hobbits (tous) ont les pieds velus (en fait un seul clan sur trois) (p. 93) ;

Huan mi-bête mi-dieu (p. 97) ;

Beorn (personnage du Hobbit) est un personnage cruel (p. 110) ;

Faramir est le demi-frère de Boromir (p. 127) ;

Denethor déteste son fils Faramir (p. 129) ;

Gandalf utilise les pierres de vision (les Palantir) pour défendre le Gondor (p. 143) ;

Galadriel est présente dès le commencement du monde7 (p. 151) ;

Seuls Legolas et Gimli font honneur à leurs races (p. 263) ;

Le mal est nécessaire (p. 264) ;

Oh, je suis sûr qu’il y en a d’autres ! Mais on peut raisonnablement s’arrêter là et conclure que ce bouquin est truffé d’erreurs. Ne l’achetez sous aucun prétexte.

*

Mais la plus grosse erreur de Bonnal est de voir dans le Seigneur des Anneaux des références aux religions et traditions asiatiques. Tolkien ne s’est jamais intéressé à de telles régions du globe, en tous cas pas en tant que philologue ou mythopoéiste. En revanche il est vrai qu’il était fasciné par les mythologies nordiques. Or, Bonnal revient sans cesse sur ces religions asiatiques. Pour preuve l’emploi que fait Bonnal des œuvres de Mircéa Eliade8 connu pour ses travaux sur les religions et les sociétés asiatiques et africaines … mais en aucun cas nordiques ! Bonnal cite aussi des écrivains de ces régions, tel le Baghavad-Gitâ, la tradition védique, ou encore la religion hindoue (96) ou égyptienne (95). Pourquoi ne pas rajouter les Rohirrim comme incarnation du bushido ou Gandalf comme émissaire des martiens ?

Les vrais connaisseurs de Tolkien ne pourront que bondir en face de telle absurdités, fruit d’un travail de recherche lamentable. Ou d’une œuvre de fiction.

Cette théorie trouve très peu d’appuis dans le texte du Seigneur des Anneaux, du Silmarillion ou du Hobbit. Encore moins d’appuis trouve-t-on dans la biographie de J.R.R. Tolkien. Tolkien aurait été dans une mouvance ésotérique, j’aurais peut-être acquiescé. Mais là ! Entre voyage mystique de Frodo et initiation de Gandalf, on rampe en plein Mordor !

Conclusion : du vrai travail d’orc.

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Notes :

1 Carpenter, The Letters of JRR Tolkien, lettre n°124.

2 l’épisode auquel fait référence Bonnal existe bien dans le Silmarillion. Mais premièrement le nom de l’animal est Carcharoth et deuxièmement ce n’est pas un chien mais un loup !

3 j’ai gardé les noms de l’anglais original. Tolkien était avant tout un philologue, c’est à dire quelqu’un qui étudiait les langues. Respectons donc les noms qu’il a voulu donner à ses personnages.

4 Il n’y a pas d’Ainur « fondamentaux » ! De plus il donne le feu à Melkor. Il n’aurait pas plus mal choisir. En effet le feu est lié à la Flamme Eternelle, dont fait don Illúvatar aux Ainur. C’est à Illúvatar seul qu’appartient le feu. C’est probablement pour cela que Gandalf dira au Balrog lors de leur affrontement sur le pont : « Je suis le serviteur du Feu Secret ».

5 Il s’agit dans cet épisode de Túrin, fils de Húrin. De plus, on n peut pas vraiment dire que Túrin et Mîm ait été amis !

6 En réalité Aragorn leur demande d’attendre son mariage !

7 Galadriel est fille de Finarfin et d’Eärwen. Finarfin est lui-même fils de Finwë, premier chef des Noldor. Elle ne peut donc pas avoir été présente au commencement puisque déjà deux générations sont présentes en Terre du Milieu.

8 Contemporain de Tolkien, il a publié ses œuvres majeures vers les années 1955, ce qui rend virtuellement impossible un emprunt de Tolkien à la pensée d’Eliade !

Bibliographie et études en théologie : outils / utiles

De notoriété publique je ne suis pas l’homme le plus organisé de la famille. Pour ce qui est de garder mes notes de prédication, de recherche, ou de conserver « les idées pour plus tard » … il semble qu’un outil que certains qualifieraient peut-être abusivement de providentiel nous soit donné en Zotero.

Ci-dessous un tutoriel vidéo pour ceux qui le désirent :

Un Tutoriel Zotero est aussi diposnible en pdf. Autre possibilité d’utilisation de Zotero : sauvegarder dans la base de données toute recherche … livre, article, site internet, etc. et d’attacher à chaque entrée le document sur lequel vous travaillez. « Rien ne se perd, rien ne se crée » … mais tout se sauvegarde !

Jusque là tout va bien. Seulement … la technologie étant ce qu’elle est, qui est à l’abri d’un café renversé, d’un portable volé ou tout simplement d’une carte mémoire définitivement enterrée ? Personne. Et la conséquence malheureuse nous la connaissons tous : une semaine, deux semaines de travail, deux dissertations, un bout de thèse, la totalité des prédications  … envolés, carbonisés !

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Il est par contre possible d’utiliser un serveur permettant le stockage de dossier et documents et sa synchronisation avec les documents sauvegardés sur votre ordinateur. Dropbox  est certainement le meilleur outil sur le marché. Gratuit jusqu’à 2 Go de stockage, il passe à 7€ par mois pour 50 Go de stockage.

Pour aller plus loin, une fois que Zotero et Dropbox attendent dans votre disque dur la meilleure utilisation qu’ils peuvent vous donner, il est possible, et même souhaitable de lier les deux afin de sauvegarder votre base de données Dropbox dans Zotero. Pour cela, rien de plus simple !

– tout d’abord ouvrir Zotero et dans le panneau d’information, cliquez sur l’onglet le plus à gauche et allez dans « préférences »

– il suffit maintenant de sauvegarder votre base de données dans votre dossier DropBox. Pour cela allez le sélectionner … où qu’il se trouve !

Et voilà … sauf problème dépassant le cadre de votre ordinateur personnel, vos recherches sont saines et sauves ! [1]

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La période estivale a aussi donné naissance a un plugin qui peut intéresser ceux qui voudront faire de leur blog un lieu pour publier leurs articles, etc. Portant le nom bien compréhensible de « Zotpress » ce plugin permet d’afficher dynamiquement le contenu  directement depuis votre bibliothèque en ligne Zotero, au lieu d’exporter manuellement une bibliographie et de la coller dans WordPress …

Bien sûr … il faut être sur WordPress

Enfin, pour ceux qui recherchent les dernières nouvelles technologico-théologiques, un blog à conseiller d’un collègue de Westminster Seminary, Tom Keene, sur Nerdlets

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[1] Excellent article en anglais sur l’organisation de votre bibliothèque avec Zotero : Andy Naselli, « Why You Should Organize Your Personal Theological Library and a Way How », http://www.reformation21.org/articles/organizing-a-personal-theological-library.php

Edition SBL du NT en Grec pour Kindle

Ah ! Etre en vacances tout en maintenant son Grec au niveau idéal désiré par tout étudiant de la Bible … ou par son professeur.

Un rêve inatteignable pour tous ceux qui se sont déjà essayé au difficile exercice de la lecture du Grec sur une chaise longue.

Non pas que cela va rendre les choses moralement plus facile sous le soleil estival (bien que pour cette année celui)ci commence déjà à se coucher) … mais une version ebook pour Kindle du NT Grec de la Society of Biblical Literature est aussi disponible sur ce blog !

Edition SBL du NT en Grec, téléchargeable en pdf

Pour ceux qui seraient passés à côté de cette information importante : la nouvelle édition critique du Nouveau Testament Grec (Society of Biblical Literature) est disponible en divers formats sur le site, et les pdf (en zip) sont disponibles directement ici.

Important ? Une édition gratuite, en version digitale ou papier, en unicode, avec une licence d’utilisation assez ouverte et libre … à chacun de juger !

Parmi les autres formats disponibles, XML et compatibilité avec Logos. Une adaptation pour BibleWorks est aussi prête à l’emploi (note : blog en anglais) ! Pour ceux qui tournent sur Mac … pas de telle chose disponible pour Accordance … pas encore !

Et pour tous ceux qui aiment toucher à tout et s’y connaissent passablement bien côté technologie, il est possible avec la licence assez souple de SBL, d’adapter le texte à toutes fins utiles.

Il en reste plus qu’à se remettre au Grec …

Recension de sites d’apologétique

L’apologétique était tombée dans l’oubli. Synonyme de philosophie ou même de rationalisation extrême de la foi, l’apologétique était souvent considérée comme étrangère à la foi, voire comme une usurpation de la place de l’Esprit Saint dans la conversion et dans la vie chrétienne.

Et enfin, depuis plusieurs années, l’apologétique est devenu le mot à la mode. Les églises, les campagnes et groupes d’évangélisation de tous genres, proposent des formations de toutes sortes.

L’apologétique—qui peut être définie comme la démonstration, en paroles et en actes, de la vérité de la foi en Christ (et du Christ révélé dans l’Ecriture) dans, et à travers, tous les domaines d’occupation de la vie humaine—est à la mode.

Et pour soutenir ce renouveau de l’intérêt apologétique, ce sont les sites internet et autres blogs dédiés à l’apologétique qui ont éclos sur le web. Au milieu de ces nombreux sites consacrés, de près ou de loin à l’apologétique, il est difficile de savoir vers lequel se rendre. Dans cet article, j’essaierai de présenter un certains nombre d’entre eux.

Cette liste n’est pas exhaustive : deux types de sites seront donc exclus de cette recension. Premièrement les sites consacrés au débat évolutionnisme / créationnisme ; deuxièmement, les sites consacrés à la culture. Dans le premier cas, le débat se cristallise généralement en un débat interne au christianisme, raison pour laquelle ce sites ne sont pas d’intérêt ici. Dans le deuxième cas, la restriction de l’apologétique à la seule dimension « culturelle » fera de ces sites très spécifiques l’objet d’une recension future.

A toi 2 voir

Le « projet apologétique » d’Agapé France, se décline en 11 différents thèmes, notamment les « questions existentielles » ou « Dieu, la foi, et les religions. » Initié comme un espace « d’échange et de réflexion sur les petites et les grandes questions de la vie », A toi 2 voir propose des réponses directes qui sont destinées aussi bien à ceux qui sont en recherche qu’aux chrétiens qui souhaitent trouver des outils pour mieux expliquer leur foi à ceux qu’ils rencontrent.

Les articles sont généralement écrits par des personnes qualifiées, pasteurs, docteurs en théologie ou philosophie, etc. Le sérieux, la clarté, mais aussi la diversité et l’expertise des auteurs choisis donnent à ce site d’apologétique un cachet incontestable.

Le site est aussi complétépar la possibilité de contacter un « conseiller » parmi ces personnes formées à l’accompagnement, psychologues, pasteurs, biblistes, etc. qui oeuvrent avec, ou en collaboration avec, Agapé France.

Un poisson dans le net

Page du « dossier apologétique » du site Un poisson dans le net. Présentation brève et synthétique de ce qu’est l’apologétique, accompagnée de plusieurs exemples de discussion et de « tactiques » d’apologétique.

Ecris de manière assez accessible, ces articles (traduits de l’anglais) pourront être utile pour une introduction à l’apologétique pratiquée dans et par l’église. Les deux buts évoqués des cette introduction sont clairement mis en avant :

« Nous n’allons pas tenter de prouver quelque chose “au delà de l’ombre d’un doute”, ce qui est impossible. »

« Mais nous essaierons de montrer qu’il est plus logique de croire en Jésus que de ne pas y croire  ! »

Dans ces deux buts, il est peut-etre dommage de ne pas avoir explicité que l’apologétique cherche plus à démontrer la vérité que la plausibilité de la foi en Christ. Car cette démonstration visible de la vérité de Christ manifeste que la seule logique est de nous fonder sur lui.

Question suivante

Site apologétique issu des Groupes Bibliques Universitaires, Question suivante propose des réponses aux questions qui font généralement du partage de notre foi plus une épreuve plus qu’une « chance » de témoigner de notre espérance.

Le but affiché, celui « d’enrichir la réflexion des étudiants francophones sur les questions existentielles. Il propose à chacun la possibilité de se forger une opinion éclairée sur la foi chrétienne et sur la Bible » fait probablement de ce site le plus accessible et le plus pertinent pour ce qui est des réponses essentielles pouvant être utilisées dans un contexte apologétique.

Les questions « proposées » vont de la notion de vérité à l’existence de Dieu, en passant par la diversité des religions et certains questions de société. Avec des réponses à chaque fois claires et sérieuses, Question suivante donne ainsi des outils apologétiques simples et pertinents pour une pratique quotidienne de l’apologétique.

Le site présente aussi le projet (Forum et Dialogues) Véritas ainsi qu’un lexique utile et plusieurs articles et vidéos pour compléter cette dimension apologétique au centre du projet des GBUs.

La focalisation de Question suivante sur les réponses, sur l’explicitation de la foi, explique que le site ne propose pas de présentation ou de définition de l’apologétique, pas plus qu’il ne s’intéresse à la mise en avant d’une méthode apologétique.

Raisons de croire

L’un des sites d’apologétique les plus complets sur le web. De la même manière que les autres sites, celui-ci se propose de « montrer que croire en Dieu, ce n’est vraiment pas commettre un suicide intellectuel ! » Avec des articles plus complets et parfois plus philosophiques, Raisons de croire s’attaque a des questions communes, comme le problème du mal, la possibilité de croire en Dieu, mais aussi des thèmes plus philosophiques comme le déterminisme ou l’évaluation des fameuses preuves de l’existence de Dieu. A recommander pour aller plus loin …

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D’autres sites, moins complet ou plus spécifiques peuvent être des lieux de ressource bénéfiques :

Site Apologétique BibliqueBrève présentation de l’apologétique réformée de Cornelius Van Til.

Fondation apologétique Européenne, site présentant un certain nombre de ressources, articles, etc. sur l’apologétique (malheureusement la plupart des liens ne sont, au moment de la publication de cet article, plus actifs). Beaucoup de traductions d’apologètes anglais et une liste très fournie de livres pour se plonger dans des thèmes de sociologie, de philosophie et même de géopolitique … pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.  

A vrai dire. Bien que consacré essentiellement à l’Islam, ce site traite de l’apologétique de manière plus générale et est centré sur une apologétique de « confrontation et de débat. » Cette mise en avant de la confrontation entraîne parfois a une suraccentuation des affirmations et des opinions avancées.

Apologétique pour la FranceAvec le but de « remettre à l’honneur la défense rationnelle de la foi biblique parmi les chrétiens et dans nos débats avec nos amis non croyants », ce site consacreé à l’apologétique affiche une certaine ambition … ce qui ne semble pas avoir empêché ce site d’être au point mort depuis 2008.

Pour que tu croiesSite contenant des articles défendant la rationalité de la foi chrétienne. Certains de ces articles pourront être utiles, bien que la plupart de ceux-ci soient des commentaires d’actualité, des témoignages, plus que des articles d’apologétique.

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Enfin, bien que les blogs personnels soient souvent à éviter, il y en a quelques uns qui peuvent valoir la peine d’être consultés :

Le blog Je suis anabaptiste mais je me soigne (ça ne s’invente pas !), de Marc D. Paré, Directeur du Centre d’études anabaptistes de Montréal, propose plusieurs articles engageants sur la défense de la foi.

Le blog de la bibliothèque de la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine qui références des ressources utiles sur l’apologétique (blog n’ayant malheureusement pas été mis a jour récemment).

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Après ce court survol une chose importante apparaît. La plupart de ces références proposent une base solide pour ce qui est des réponses à étudier et proposer, des objections ou questions qui sont régulièrement avancées.

Cependant, peu d’entre eux offrent une méthode apologétique dans laquelle toutes ces autres preuves, arguments ou réponses peuvent s’inscrire. Or une telle méthode apologétique est probablement ce dont nous manquons le plus. Ce raisonnement apologétique, pour prendre un autre terme, permet à l’apologète de s’adapter très librement quelque soit la question. En partant en quête d’une méthode apologétique fondée sur la révélation biblique de la défense et présentation de la foi, nous pouvons donner à l’apologétique une dimension essentiellement personnelle et ecclésiale, mettant en avant la liberté que chaque chrétien a de présenter l’espérance qui est en lui.

La saga cinématographique Harry Potter : retour sur dix ans de Voldemort !

Avec une recette totale de plus de 4,68 milliards d’euros, les sept films de la série Harry Potter comptent parmi les trente plus gros succès du box-office mondial. Poussez la bonne brique, suivez les rails du Hogwarts Express, passez la cinquième dans votre lunatique voiture volante, entrez dans la cheminée … et redécouvrez Hogwarts ! Retour sur la saga Harry Potter, et sur « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom »1.

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Le générique final défile toujours à l’écran et je reste songeur devant ces sept années passées à Hogwarts. Difficile de me remémorer des évènements qui se rapportent à plus de cinquante ans ! Sur ce point, la sortie de ces sept films a été pour moi la bienvenue. Leur fidélité à ma vie est d’ailleurs assez évidente … et je me rappelle. Je me rappelle de mon combat contre Quirrell, le basilic, les démentors, les Mangemorts et l’armée d’un Voldemort régnant. Comment revenir sur sept ans de Voldemort ? Sept ans de Voldemort, c’est d’abord sept ans de personnages intrigants dans tous les sens du terme, à commencer par Severus Snape et Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore (Dumbledore pour les intimes). Mes deux premiers années furent marquées essentiellement par ma découverte des maléfices de Voldemort, toujours bien présents même à Hogwarts.

Ce n’est que lors de ma troisième année, lorsqu’un voile sombre tombe sur Hogwarts, que mon histoire prend vraiment tout son sens. Envolée l’innocence et l’apparente harmonie entre notre humour adolescent et le développement du scénario. Je découvrais les démentors, mais aussi Dumbledore, de plus en plus l’égal de lui-même. Enfin, je découvrais la réelle force de Dumbledore, d’une grande passivité jusqu’alors. Je découvrais que ses régulières absences n’étaient pas seulement l’occasion pour nous trois de n’en faire qu’à notre tête. Etaient aussi mis à jour des secrets de famille, et l’aveuglement borné du ministère de la Magie. Et !, quel drame de constater que le Ministère ne croyait que ce qu’ils voyait ! Sans cela, Peut-être que nous aurions pu nous débarrasser de Voldemort bien avant ! Bien sur, dans ce cas vous n’auriez pas eu l’occasion de voir ces films.

Mon monde phantasmagorique s’écroula tout à fait avec ma découverte de l’Ordre du Phénix, marquant la mort anticipée de mon adolescence. Et sur mon écran, la renaissance terrifiante de Voldemort signe l’arrivée de Ralph Fiennes (que je pourrais presque confondre avec le vrai Voldemort !), et marque la maléfique continuité des films dont la dynamique s’effrite lentement. Avec cet épisode la saga prend une saveur plus épique, de même que ma vie à Hogwarts commença à devenir plus dramatique. Enfin, Lord Voldemort devient plus qu’une simple menace désincarnée et fait désormais trembler le monde de la magie et celui des Moldus. « Pas de pression, Harry, mais maintenant c’est à toi de jouer ! ». Tout le reste n’est qu’action et quête des Horcruxes.

Je me met en quête des Reliques de la Mort et, soudain !, tout semble devenir plus réel. Trop réel ! La photographie plus naturelle du septième film, la poursuite de notre trio traqué par les Mangemorts capturent la longueur des fins inéluctables. Même pour moi, cela a l’air beaucoup plus vrai que dans mes souvenirs. Après la magie et la grandeur exubérante de l’architecture de l’Ecole, nous voici plongés dans le vide naturel, symbolisant le passage irréparable d’une adolescence magiquement naïve à un monde prématurément adulte dans lequel seul le néant semblait nous attendre. Lenteur de ce film qui interrompt le récit de cet épisode central de mon combat contre Voldemort. Deux films, pourquoi pas ! Mais une éternité au milieu du film ? Voilà une erreur que les acteurs, même s’ils n’étaient pas accaparés par les projets post-Harry, n’auraient jamais pu rattraper.

Et c’est là que l’univers dans lequel j’ai été replongé s’effrite un peu plus. Oh ! Il y a des passages éblouissants, comme les disparitions éclatantes de Dumbledore : il faut bien le dire, il a du style ! Le problème n’est pas la fidélité des films à mes folies de jeunesse. Non. Là où la série échoue, c’est dans le rapport de l’audience au récit visuel. Un acteur, incarnant les émotions que des lignes décrivent, produit un attachement, un rapport plus fort et personnel avec le personnage qu’il joue à l’écran. Pour maintenir cet attachement il y a deux possibilités : faire grandir cet attachement en même temps que les personnages murissent, ou essayer de maintenir cet attachement envers et contre tout, surtout contre tous les changements inhérents à la direction des films. Mais les manquements de la série cinématographiques ne sont que le miroir des lacunes de leurs ancêtres littéraires. La série des films a une « âme », mais qu’elle a tendance à se perdre dans les labyrinthes de personnages qui ont de la peine à grandir en maturité. Voldemort, lui, reste fidèle à lui-même tout en se dévoilant comme celui que l’amour a toujours fuit. ce qui sera sa perte. Enfin … pour combler ces lacunes, nous avons encore la mémoire de Lord Voldemort !

Voldemort ! Pour moi, cela a toujours été à propos de Voldemort et du meurtre de mes parents. Que nous ayons finalement sauvé le monde de la magie, bien ! Sans cela, pas de Ginny, pas de famille. Mais venger la mort de mes parents a toujours été ce feu intérieur qui me faisait poursuivre Voldemort envers et contre tout, et tous. Avec sa mort viendra aussi la fin de mon épopée cinématographique. Fini Voldemort, fini Harry. Retraite bien méritée et gratification d’une vie à laquelle nous aspirions tous. Me voilà enfin ce que j’ai toujours été : torturé par mes souvenirs, j’ai enfin eu ma vengeance, ma justice. Tout fini bien : tous les trois mariés, tous les trois heureux. Mes cheveux sont blancs maintenant. Ginny n’est plus là, et mes yeux sont devenus bleu-acier. Mes rides disent toute la joie d’une longue vie. Mais je ne peux m’empêcher de me demander : dans l’enchantement, ai-je trouvé une consolation à la mort de mes parents ?

1Harry Potter à l’école des sorciers, de Chris Columbus (2001) ; Harry Potter et la Chambre des secrets, de Chris Columbus (2002) ; Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de Alfonso Cuarón (2004) ; Harry Potter et la Coupe de feu, de Mike Newell (2005) ; Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de David Yates (2007) ; Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, de David Yates (2009) ; Harry Potter et les Reliques de la Mort (partie 1), de David Yates (2010). Sortie le 13 Juillet : Harry Potter et les Reliques de la Mort (partie 2), de David Yates (2011).