L’Apologétique à la faculté d’Aix

Grâce et encrier …

… est une expression qui vient de l’apologète anglais Gilbert Keith Chesterton (29 mai 1874 – 14 juin 1936), l’un des auteurs dont l’humour et la prose sont parmi les meilleurs que vous pourrez lire, de loin l’un de mes apologètes préférés.

L’une des citations les plus remarquables de Chesterton est celle-ci :

Vous rendez grâce avant les repas.
Très bien.
Mais je rends grâce avant le théâtre et l’opéra,
Et je rends grâce avant les concerts et les marionnettes,
Et je rends grâce avant d’ouvrir un livre,
Et je rends grâce avant de dessiner, de peindre,
avant de nager, de feindre, de boxer, de marcher, de jouer, de danser;
Et je rends grâce avant de tremper la plume dans l’encrier.

Car peindre, écrire, jouer, lire, aller à l’opéra : ce sont ces actions qui font de nous des êtres humains créés à l’image de Dieu. Mais c’est aussi à travers toutes ces actions, et bien d’autres que nous entreprenons,  montre ce qui est dans notre cœur (Matt. 6.21).

La foi par laquelle nous vivons, cette foi qui nourrit notre vie quotidienne de grâce et de compassion, est aussi une foi qui transforme tout ce que nous faisons.

Elle éclaire d’une lumière radieuse les scènes de concert auxquels nous allons ;

elle parfume de charité et de compassion toutes les activités que nous entreprenons ;

elle colore de grâce l’encre avec laquelle nous écrivons.

Ainsi, notre foi se manifeste dans toutes nos activités. L’apologétique, la défense et présentation de notre foi dans tout ce que nous disons et faisons implique une vraie compréhension de qui est Dieu (orthodoxie), une droite attitude dans notre vie (orthopraxie), et de justes émotions (orthopathie).

La conviction de foi, la confession de la seigneurie de Christ, l’espérance que nous proclamons et son royaume de réconciliation déjà inauguré : tout cela est démontré en paroles et en actes dans ces trois éléments orthodoxie, orthopraxie, orthopathie.

Dans la plus simple minute de notre vie, dans le plus ordinaire des évènements qui se découvre à nous, nous pouvons discerner par la foi la présence de Dieu, et nous pouvons alors rendre visible cette foi qui nous ouvre les portes de la seule espérance.

En tout ce que nous faisons, la grâce de Christ ;

en tout ce que nous disons, la compassion de Christ ;

en tout ce que nous pensons, l’amour de Christ.

Car rien de ce que nous sommes ne peut vivre en dehors de celui en qui nous avons tout et pour qui nous sommes tout, lui par qui ont été faites toutes choses et en lequel toutes choses seront amenées à leur restauration future.